Pose d'un DAI complet

La pose d'un défibrillateur implantable

  

«Chaque année, 1 500 à 2 000 personnes meurent injustement en France faute de ne s'être pas fait implanter un défibrillateur cardiaque implantable », juge le docteur Cazeau cardiologue à Paris. Le gros problème de ces appareils ne se situe pas dans leur fonctionnement mais plutôt dans leur remboursement. La Sécurité Sociale n’a en effet pas assez d'argent pour rembourser à 100%  l'implantation de ces appareils.
Dans le secteur public, l'implantation est gérée par un tarif réglementé au journal officiel (Aout 2004 ; NOR : SANS0422788A) ; Un appareil a un prix élevé (de 15 000 à 20 000 Euros l'unité, en fonction de sa complexité).

La pose d'un défibrillateur implantable est nécessaire lorsqu'un patient a une fraction d'éjection ventriculaire inférieure à 30 ou 35% (quantité de sang d'un des ventricules qui est éjecté pendant la systole par rapport au volume sanguin ventriculaire.) La valeur normale se situe entre 60 et 75%.

Le défibrillateur permet de réduire la mortalité. C’est un moyen préventif, évitant la récidive d’un arrêt cardiaque ou de troubles majeurs du rythme. Il  constitue un facteur d'assurance pour l'individu implanté qui est rassuré par le fait d’être surveillé et soutenu en permanence par ce DAI.

   L'implantation d'un défibrillateur nécessite une hospitalisation variant d'une journée à quelques jours et se déroule dans un hôpital spécialement équipé. Le défibrillateur est implanté sous la peau dans la région pectorale, après une anesthésie le plus souvent locale.  L'intervention dure environ une heure et est pratiquée par un cardiologue qui effectuera par la suite un suivi régulier du patient implanté.

En  France, environ 10 000 défibrillateurs sont implantés chaque année. Seuls 80 centres en France sont habilités les poser.

 

Comment installe-t-on un défibrillateur cardiaque ?

 Nous avons pu assister à cette opération chirurgicale. La vidéo ci-dessous en est un résumé


Si vous n'arrivez pas à visualiser  la vidéo,  voici le lien direct : http://www.youtube.com/watch?v=nRUnwUCnW9I

 

Lorsqu'une personne est implantée, quelques mesures importantes sont nécessaires :

 

  •  Toujours garder sa carte de porteur d'un défibrillateur implantable sur soi
  • Éviter de passer près d'un champ magnétique important (gros aimants, portiques de détection des métaux)
  • Éviter de porter son téléphone portable près de la zone d'implantation (perturbations électromagnétiques dues à l’émission/réception du téléphone)
  • Certains sports sont déconseillés, par exemple les sports de combat ou de contact (risque de casse du boitier de la pile)
  • Certains examens sont formellement interdits, tels que les IRM ou les examens utilisant le magnétisme.
  • Faire un suivi régulier tous les 6 mois chez un cardiologue

 

 

 

  La majorité de la population ne connaît pas la différence entre un pacemaker et un défibrillateur implantable. Voici la principale différence :

 

  •  Le pacemaker fait partie des stimulateurs cardiaques : Il compense uniquement un seul diagnostic des battements trop lents du cœur. Quand il détecte une baisse du rythme, il envoie un choc électrique pour retrouver une fréquence normale. C’est la seule fonction du pacemaker.
  • Le défibrillateur automatique implantable quant à lui a les mêmes fonctions qu’un pacemaker basique mais permet en plus de détecter les troubles majeurs du rythme cardiaque comme la tachycardie (rythme trop rapide) et la fibrillation ventriculaire. Lorsqu’il détecte une de ces anomalies de fréquence cardiaque qui peuvent toutes deux amener à l’arrêt cardiaque il envoie des décharges électriques directement dans le coeur pour ré-imposer ou réinstaller le bon rythme.



Afin de comprendre comment vit un patient porteur d’un défibrillateur et d’en savoir un peu plus sur sa vie, ses pensées et ses sensations avant et après l’opération, nous avons rencontré Monsieur Page (implanté en 2006), qui s’est ouvert en toute franchise et a répondu à nos questions en toute simplicité. Il nous a donné son accord pour publier son nom, utiliser les photos et vidéos. Un bref extrait dans la vidéo ci- dessous.

 

 

Si vous n'arrivez pas à visualisez  la video, voici le lien direct : http://www.youtube.com/watch?v=GtHGSu98u2g

 

TPE  : Bonjour Mr Page. C’est vraiment très gentil de m’accueillir chez vous. J’aimerais vous poser des questions sur l’expérience que vous avez vécue lors de la pose de votre défibrillateur. Pourquoi êtes vous allé consulter la première fois ?

Mr Page : Je ne suis pas allé consulter car j'ai fait un malaise et j'ai été transporté à l’hôpital.

Depuis environ une semaine, je me sentais faible, comme si j'avais des manques de tension. Je m'asseyais cinq minutes et ça allait mieux.

Le lundi matin, je suis allé au travail à cinq heures du matin et je ne me sentais pas bien. J'ai fait un malaise : je suis tombé au sol, inconscient. Je ne sais pas exactement combien de temps après , je me suis réveillé. J'ai pu aller à l'infirmerie de mon entreprise par mes propres moyens. Le médecin a appelé les secours pour me faire hospitaliser, en fin de matinée.
A l’hôpital, j'ai passé un électrocardiogramme et des examens du sang qui n'ont rien révélé de particulier, mais comme il restait une chambre disponible, les médecins ont décidé de me garder en observation toute la nuit, sous monitoring.

Le lendemain matin, lorsque les médecins ont vu les enregistrements cardiaques, ils m'ont montré que mon cœur avait tendance à battre à trop faible vitesse, alors que j'étais en repos profond. Leur décision a été rapide : «Nous allons vous installer un défibrillateur interne...demain matin à 9 heures».

J'étais catastrophé car j'ai cru que je ne pourrais jamais retravailler, faire du sport, avoir une vie normale. Le personnel soignant m'a expliqué que ma vie serait plus confortable qu'avant et surtout moins risquée. Je sais maintenant qu'ils avaient raison.

Je n'ai jamais fait de nouveau malaise et je me sens en parfaite forme physique. Parfois, je me dis que j'aurais pu faire un malaise quand j'étais en haut d'une échelle ou en train de conduire ma voiture...j'aurais pu mourir et tuer des personnes innocentes !

 

TPE : Aviez-vous déjà eu des problèmes dans votre enfance?

M.P : Non, je suis plutôt sportif, je cours le Lion, depuis de nombreuses années, et je m’entraîne 2 à 3 fois par semaine. Je n'avais rien ressenti avant et c'est ce malaise brutal qui m'a conduit à être hospitalisé. Les jours précédents l'incident j'étais quand même un peu fatigué, j'avais prévu d'aller voir mon médecin de famille en sortant du travail...mais je me suis retrouvé à l’hôpital avant même d'avoir pu le faire!

 

TPE : Vous a-t-on laissé le choix entre différentes possibilités de soins ?

M.P : Le choix des médecins a été très clair. Pour eux, la seule façon de me soigner et de m'éviter de recommencer des malaises était l'implantation d'un soutien cardiaque pour accompagner mon cœur quand il était trop bas en régime.

 

TPE : Pouvez-vous me dire comment s'est déroulé l'opération ?

MP : J'étais plutôt détendu et pas trop inquiet car j'étais en confiance avec l'équipe médicale qui a pris le temps de m'expliquer ce qu’ils allaient faire. Ils ont été très rassurants et professionnels.

 

TPE : Vous avez été endormi totalement ou juste localement ?

MP : J'ai été endormi localement. J'ai dû attendre sur la table d'opération un long moment car le chirurgien était retenu par une urgence plus sérieuse que la mienne. C'est en fait, ce qui a été le plus difficile car c'est particulièrement inconfortable, froid et dur de rester en position couchée sans bouger.

Ce qui fait bizarre, c'est qu'on voit tout ce qui se passe, sur le monitoring ! On voit où le chirurgien passe les sondes et je me souviens qu'il m'a posé 2 sondes et qu'il a eu beaucoup de difficultés à bien positionner la seconde. Il s'est repris à plusieurs fois et il semblait énervé de ne pas y arriver vite...Mais heureusement, je ne sentais rien !

 

TPE : Combien de temps avez-vous été hospitalisé ?

Je suis sorti le soir même de l'opération, après que les infirmières m'aient convenablement programmé le mode d'action du défibrillateur. J'ai pu reprendre rapidement le travail et je n'ai jamais refait de malaise depuis mon opération.

 

TPE : Qu'est-ce qui vous a le plus dérangé quand vous avez repris vos activités ?

M.P : Ce qui est perturbant au départ, c'est le corps étranger, je veux dire la pile et le boîtier de commande qui est implanté sous la peau de la poitrine. Moi, j'ai demandé à l'avoir à gauche pour pouvoir continuer à avoir une grande liberté de mouvement avec mon bras droit. Ce qui fait bizarre, est qu'on a peur d’être touché à l'endroit où se trouve ce boîtier. J'avais tendance à toujours me mettre en position réflexe et à mettre ma main devant le boîtier pour me protéger. Ce n'est pas la cicatrice qui me faisait mal, mais la présence de l'appareil. Vous pouvez le toucher si vous voulez

TPE : Au bout de combien de temps étes vous retourné chez le chirurgien ?

M.P : Quinze jours après, pour vérifier que tout fonctionne bien puis ensuite tous les 6 mois. D'abord pour contrôler le niveau d’énergie de la pile qui doit normalement durer entre 7 et 10 ans, ensuite pour faire des retouches de la programmation des modes d'actions de l'appareil. Pour faire cette opération, l'assistante médicale pose sur le boîtier un transducteur qui fait passer les modifications de programme au travers de ma peau. Tous les réglages, les modifications sont inscrits dans mon carnet,  je le présente à chaque rendez vous

 


 

Une page du carnet de suivi de Mr Page

Une page du carnet de suivi de Mr Page

La carte de porteur d’un stimulateur cardiaque appartenant à Mr Page

La carte de porteur d’un stimulateur cardiaque appartenant à Mr Page



TPE : Y a-t-il des lieux qui vous sont interdits ?

M.P : Avant de sortir de l’hôpital, le personnel de soin vous explique que l'appareil est très sensible aux ondes électromagnétiques comme celles qui existent dans les portiques de contrôle des aéroports ou dans les appareils scanner ou IRM. On m'a remis une carte, que je conserve toujours avec moi et qui me sert à prouver que je suis porteur d'un stimulateur. Quand je dois prendre l'avion, je ne passe pas dans les portiques mais je suis fouillé à 2 reprises par des personnes différentes! C’est le prix à payer pour la sécurité aérienne et pour ma santé !

 


TPE: Sentez-vous quand votre appareil fonctionne ?

M.P : Je ne le sens pas sur mon rythme cardiaque, ni sur des à-coups sur le cœur. Ce que je sens est parfois une sensation de souffle coupé. On m’expliquait, que, comme j'ai un appareil avec 2 sondes, lorsqu'elles fonctionnent en simultané, l'une d'entre elles est positionnée très près du diaphragme et stimule aussi le diaphragme, en plus du cœur. Cela créé une contraction du diaphragme qui me coupe brièvement la respiration...c'est ce qu'on peut appeler un dégât collatéral. Jusqu'à aujourd'hui, les modifications de programmation successivement réalisées n'ont pas réussi à gommer totalement cette particularité de fonctionnement. Je le ressens un peu moins qu'avant et je viens de changer de cardiologue pour avoir un avis d'un autre médecin...qui arrivera peut-être à atténuer encore, voire à supprimer ces moments un peu désagréables.

 

TPE : Avez-vous un traitement médicamenteux à prendre ?

M.P : Je n'ai aucun médicament à prendre. Le défibrillateur fait son travail seul, au moment précis où mon cœur en a besoin. C'est donc un système particulièrement efficace, qui ne nécessite pas de suivi médical lourd, ni de prise de médicaments qui peuvent avoir des effets indésirables.

 

TPE : Que diriez-vous à ceux qui doivent se faire opérer ?

M.P : Surtout d'avoir confiance, c'est un moment d'inquiétude qui est vite passé et qui permet de reprendre une vie normale et plus tranquille. Je suis surtout rassuré par le fait que je ne ferai plus de malaise, et ça m'enlève des inquiétudes permanentes. Je remercie le chirurgien et toutes les personnes qui se sont bien occupées de moi.

 

TPE : Merci pour ces explications très claires qui montrent que les progrès de la médecine et ceux de la technologie électronique permettent d'améliorer les conditions de vie.

Bonne continuation dans vos entrainements pour la prochaine course du Lion!

Site réalisé à l'occasion des TPE de 1ereS  du Lycée Cuvier. Année 2012/2013.

  C. Coline - F. Claire Lou - R. Gaëlle

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